Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

samedi 19 août 2017

Épreuve

Pantelis

Deux modes de lecture



 "Ils" vont rentrer. Pendant quelques jours, mon quartier s'est délicieusement endormi, que la majeure partie de ses habitants a déserté, au point de me permettre le sommeil toutes fenêtres ouvertes.
Adepte des séjours de courte durée, mais intenses, je m'octroierai encore quelques jours de vacances dans la ville de ce lecteur, que vous aurez bien sûr reconnue... (?)
Comme vous m'êtes sympathiques, je vous offre, en cadeau Bonux (ça existe encore ?), un lecteur d'un tout autre genre, qui ne lit sans doute pas Proust, mais nous serons d'une indulgence pleine et entière à défaut d'être plénière.



D'accord pour l'introniser Fouloulou de la semaine ?

Cadeau : et pourquoi pas ?



Des années que je répète à mes jeunes ouailles que Paganini et Liszt furent les premières "rock stars".
Si l'immense "lisztien" Georges Cziffra portait un bracelet de cuir (pour commémorer ses années de déportation), le pianiste croate Maksim Mrvica pousse le look à l'extrême.
J'imagine les gardiens du temple poussant des cris d'orfraie, et ça m'amuse.
Il s'avère que ce Monsieur joue plutôt bien, voire mieux que ça.

Oh oui, libère-moi !

- On en descend encore un ou deux, et on file à l'hôtel, OK ?
Du 19 au 25 août 1944, Paris "se" libérait et ne brûla pas (revoyez le film de René Clément, c'est sympa, et, boudiou, qué casting !).
On sait ce que vécurent les homos sous le troisième Reich, même si l'on peut penser qu'il y eut, dans la France occupée, des relations interdites entre des pédés Français et leurs "homo"logues allemands.
Le film (plutôt mauvais, il faut le dire) Bras de fer de Gérard Vergez (1985) avec Bernard Giraudeau et Matthieu Carrière évoquait un peu lourdement le sujet*.
Mais qu'en est-il des rapports entre Français et Américains libérateurs ?
Cette photo fait s'emballer mon imagination toujours en alerte : supputons, pour le plaisir, que ce résistant et le boy vont connaître une aventure torride après avoir occis quelques boches.
Le repos du guerrier, quoi !

* Ne m'en demandez pas plus : je n'ai gardé, de ce film, que le vague souvenir que l'Allemand joué par Matthieu Carrière est homosexuel.
Quel acteur !


vendredi 18 août 2017

"Non, finalement...

c'est le livre qui
se trouve sur la
troisième étagère
en partant du bas que
je désire, merci mon lapin."

Méditation


En mode "veille"

Ce satyre (marbre de la Rome antique) se repose.
M'est avis qu'il ne serait guère prudent de m'arrêter
à son niveau pour lacer mes sandales.
Avez-vous vu son regard ?
Un cordonnier, vite !



Que dois-je comprendre ?

Lu cet avis sur la page Amazon de Tombe Victor ! :
" Un roman d'un réalisme impressionnant, une écriture fluide et raffinée, des personnages et situations d'une précision et d'une authenticité étonnantes.
Ce livre est une perle rare qui, comme son hôte, se déguste en une bouchée "


Perplexe.

jeudi 17 août 2017

Andrew nu

Andrew, danseur, par Matthew Kulisch

Un bout de lui

Oui oui, j'ai bien labellisé "érotiques".

Trente-cinq minutes de paix



L'un des plus grands de l'histoire du piano et un grand chef d'orchestre en devenir.
Trente-cinq minutes, c'est si court.
D'autant qu'il s'agit d'une rareté.
En effet, Sviatoslav Richter, dont le répertoire était très étendu, a fort peu joué Mozart.
Quand on le lui faisait remarquer, il répondait que sa consœur et compatriote, la grande Maria Yudina l'interprétait mieux qu'il ne le ferait jamais.
Cette captation de l'ORTF, en 1966, est donc à ranger dans les incunables de notre mémoire musicale.

Bien sûr

Lui aussi est un ange.
Un vrai de vrai.

Mobilier urbain

 Reykjavik (Islande)

mercredi 16 août 2017

Ne portaient ni culotte, ni bottes de moto

Chevauchons !
Époque et auteur indéterminés

Ce cher Nicholas

Nicholas Hoult juste avant A single man de Tom Ford. Photo de Kai Z Feng

"Summertime" : en salles aujourd'hui



Maria et Marco, deux ados italiens, décident d'aller passer une partie de l'été à San Francisco où ils sont accueillis chez un couple gay à peine plus âgé qu'eux. Au cours de ces quelques jours, ces quatre jeunes gens issus d'univers différents remettent en question leurs certitudes et se lient d'une profonde amitié...

Brando Pacitto, Joseph Haro, Matilda Lutz, Taylor Frey
On peut attendre le meilleur de Gabriele Muccino (Juste un baiser).
On ira voir, donc.

Call me by your name


mardi 15 août 2017

Cherchez l'intrus

Will Moterlle, Renato Nicoli, Francisco Rath, 
Filipe Hillman et Anderson Weisheimer par Jeff Segenreich

Incertitudes

Photo Igor Pjörrt
- Et on fait quoi, après, sinon ?
- Bof, j'sais pas... Un scrabble ?

La Sapienza*

Synopsis

Alexandre Schmid, architecte brillant en panne d'inspiration, part en Italie pour y trouver le renouveau artistique et spirituel. Il veut y étudier l'oeuvre de Francesco Borromini, qui fut le rival de Bernini. Sa femme Aliénor, dégoûtée par la grossiéreté de la société et triste du manque de passion dans son couple, l'accompagne. A Stresa, ils croisent la route de Goffredo, un jeune homme qui se lance dans des études d'architecture, et de sa soeur, la fragile Lavinia. Cette rencontre bouleverse leurs plans...



On peut, dans un premier temps être désarçonné par le ton des dialogues, très "cinéma d'auteur", comme le furent dans le passé les spectateurs des premiers Truffaut ou des films de Robert Bresson, aujourd'hui considérés comme des chefs-d’œuvre.
Mais tout amateur d'art, ou tout simplement de beauté, appréciera ; au moins pour les images des édifices baroques de Turin et de Rome, que pour la musique de Monteverdi.
Oui, che bellezza !


La remarquable photographie de Raphaël O'Byrne permet de voir d'un autre œil ce qu'en visiteur lambda bousculé nous avions admiré. Ce n'est pas l'un des moindres mérites du film 


* Que l'on peut traduire par "le savoir qui mène à la sagesse".

Brises


Comme d'habitude, je lis plusieurs livres à la fois, à des périodes différentes de la journée puisque j'ai la chance de bénéficier de longues vacances.
Un "gros roman" de Dominique Fernandez, La société du mystère, passionnants "mémoires" du peintre  Agnolo di Cosimo, dit Le Bronzino, et une petite merveille dénichée près du Palais Royal : un recueil intitulé Italia magica, des nouvelles choisies et compilées en leur temps par le critique littéraire Gianfranco Contini, décédé en 1989. Plusieurs auteurs italiens s'y succèdent et non des moindres (Moravia, Zavattini, Baldini...), et je découvre, sur la quatrième de couverture ce qu'en dit... Dominique Fernandez (!) : "Admirables nouvelles... C'est le parfum d'une Italie oubliée que nous fait respirer Italia magica, à travers une pléiade de grands écrivains". En musée des petites horreurs, cette succession d'histoires parfois kafkaïennes est un régal. Ou "un regalo". 

Bronzino : portrait d'homme avec statuette (entre 1545 et 1555) Musée du Louvre

lundi 14 août 2017

Sieste estivale

Photo Michael Magin

Cocorico et fouloulou !


Kevin Mayer : une belle Médaille d'or pour l'athlète français.
Il est beau notre champion du monde de décathlon, non ?
Pour une fois, je me sens très "sport".



En 2010 (Championnats du monde junior)


De retour chez les fous

Hôtel proustien



Je vous jure que je n'en fis pas usage.
L'ayant largement mérité, je me suis offert, pour ce séjour en solitaire, six nuitées dans ce "Park-Hôtel Laurin" idéalement situé dans le centre historique de Bolzano/Bozen, à deux pas de la "stazione"mais à distance suffisamment raisonnable pour que jamais le bruit d'un treno regionale ou celui de la Freccia Rossa (l'équivalent de nos TGV, désigné en terme beaucoup plus poétique) ne vienne troubler la quiétude des lieux.
Cet hôtel d'allure proustienne est une ville dans la ville : on pourrait y séjourner sans jamais s'aventurer en ville. Si l'édifice a été conservé tel qu'il fut lors de son inauguration, en 1910, il s'est progressivement adapté à l'évolution de notre civilisation. On peut se poser en divers lieux, dans le parc, près du bar d'été, sur la terrasse qui donne sur la via Laurin, dîner au restaurant réputé que l'on déplace en extérieur pendant la belle saison, ou, chaque jeudi, se rendre à l'aperitivo généreux (10 euros le buffet, somptueux !).
On peut se poser en divers lieux...
Celui auquel je participai se tint entre les murs pour cause de pluie, mais le cadre et la musique (du jazz, pour beaucoup) distillée par un D'J qui veillait, c'est rare, à ne pas laminer l'ouïe des convives, permirent deux heures euphoriques, le serveur m'ayant déniché "un' tavolino" fort bien placé pour me permettre d'avoir une vue panoramique sur les hôtes de la soirée, tablées italiennes à peine bruyantes avec de belles personnes, famille allemande élégante, de la jeune "mutter" et du "vater" sympathique et bien fait de sa personne aux deux fillettes échappées des Malheurs de Sophie, jolies comme tout, sages, ravies, apparemment, d'avoir droit, exceptionnellement, je le présumai, à un Coca Cola de fête. Le serveur en salle, sexagénaire, doit faire partie du personnel depuis des lustres (au passage, ceux qui ornent les plafonds en fresques sont magnifiques).
Cet homme affable, avec lequel on sympathise forcément, est à observer : il fait diligence sans jamais se départir de son sourire ; sa démarche frise le comique : comme montées sur roulettes, les jambes se téléguident de place en place, évitant les obstacles, pendant que le reste du corps semble rigidifié pour compenser la vélocité des membres inférieurs et garder une dignité de bon ton.
Il ne manque jamais, même aux heures de pointes, de s'arrêter à votre niveau pour s'enquérir que "tutto bene ?" et, sur votre assentiment, reprend sa course apparemment rassuré comme si vous veniez de lui dire que vous venez d'échapper à la mort.
Jubilatoire.
Ici, on parle allemand, italien, et anglais. Le Français semble être devenu une langue morte, comme c'est malheureusement le cas dans la plupart des contrées.
Je disais, il y a peu, que je m'apprêtais, voyant les images de l'hôtel, à y croiser moult vieilles dames à petit chien. L'un des ascenseurs (photo) étant équipé de barres d'appui et d'une banquette où se reposer pendant la minute et demie nécessaire pour gagner le cinquième étage où je résidais. Je vous jure que je n'en fis pas usage.

Un mec canon


Quelque idée de cette vision fugitive...
Je déplorais, l'autre jour, ici-même, l'absence d'anges à mon (à notre ?) goût au hasard de mes pérégrinations. J'en croisai un, vendredi matin, sur la Place Walther (du nom d'un poète-troubadour du moyen-âge : une ville qui honore, en son centre, un saltimbanque, est digne d'éloges !), une spectaculaire apparition, comme pour démentir ma première impression. Le garçon doit aller sur ses dix-huit ans, tout au plus, porte une petite casquette vissée légèrement de biais sur ses cheveux coupés courts, une discrète boucle d'oreille, à droite, un visage aux traits fins, pas de barbe (bien sûr !), un polo, un short de belle coupe bien au-dessus des genoux, des baskets immaculées, un corps presque trapu, de taille moyenne, donc, le muscle sec, le bronzage sans excès, l'émotion !
Mais voilà, le pas est vif, un rendez-vous sans doute, et ne me laisse pas le temps d'élaborer un stratagème pour l'arrêter et le photographier comme j'en ai, hélas, perdu l'habitude. La fulgurance se perd dans la foule, j'écarquille mes yeux à en décoller la rétine, pfuit, l'oiseau s'est envolé. 
La photo qui illustre ce paragraphe peut donner quelque idée de cette vision fugitive. En moins bien, toutefois.     

Un Italien gentil parmi d'autres


Pour vous, un euro, Signore !
Samedi dernier, je reprends le train vers Milan, avec changement à Vérone.
À la "Stazione Centrale" milanaise, j'ai largement le temps de prendre la navette qui me conduira à l'aéroport Malpensa.
Au passage, si vous vous rendez en cette ville, le train "Malpensa Express" n'est pas à conseiller : prenez plutôt l'un des nombreux bus (plusieurs compagnies en concurrence) qui font la navette. Vous économiserez cinq euros, et vous arriverez plus vite !
Près de la file de bus, je m'installe à une terrasse où je commande au tenancier une simple "acqua frizzante". On remarquera, au passage, qu'en Italie, et quelque soit le lieu, l'eau minérale n'est pas vendue au prix du Champagne, comme trop souvent dans les cafés français.
De même, au restaurant, on ne vous fera pas la gueule si vous ne commandez qu'un plat. À Bolzano, vendredi soir, au "Cavallino bianco" (recommandable !), j'ai dîné d'un délicieux goulash garni d'une crémeuse polenta, que j'accompagnai d'un quart de litre d'un excellent "Pinot bianco" (à 2 euros cinquante !) et d'une bouteille d'eau gazeuse, et, pour conclure, une copieuse coupe de "fragole" (fraises, mon péché mignon) pour une addition de vingt euros !
Mais revenons à ma terrasse de la gare de Milan : un trio de jeunes Français a pris place à la table voisine. Deux filles, et un garçon qui ressemble, si ce n'est les cheveux bruns, à mon petit voisin G2. Le sixième sens faisant son oeuvre, je ne suis guère surpris d'entendre l'une des donzelles relater la super soirée qu'elle a passée avec le garçon dans un club où... elle était la seule fille.
Au moment de passer commande, le garçon a beaucoup de mal à demander une bouteille d'eau : il ne parle pas la langue locale, et sa prononciation de "water", en anglais est des plus hasardeuses. Mes rudiments d'Italien me permettent donc de traduire à l'aimable serveur (le patron, sans doute, on le verra), les desiderata du jeune homme, mignon au demeurant.
Au moment de régler l'addition, le "cameriere", m'annonce que je dois... un euro !
Devant mon étonnement, il me dit : "Normalement, c'est deux euros, mais vous avez servi d'interprète, et je vous trouve très sympathique."
Et certains ne comprennent pas mon engouement pour l'Italie ?!
Trois heures plus tard, j'arrive à Orly où je suis surpris par la grisaille, la pluie et les ronchonnements.
J'avais été conquis par un film, La Sapienza, qui m'avait donné envie de découvrir Turin.
Ce sera chose faite début septembre.

 C'est l'une des plaques scellées dans le trottoir, devant l'hôtel, en 2010, pour son centenaire.
Je reviendrai très prochainement sur le rapport qu'entretiennent les habitants (et les autorités) du Trentin Haut-Adige avec la musique dite "classique", Bolzano accueillant actuellement en résidence les membres du GMJO.
Rien à voir avec les JMJ : je vous en parle très bientôt.
La photo de l'ange et celle de la bouteille d'acqua frizzante ne sont pas mon œuvre.

dimanche 13 août 2017

Entre amis

Voilà, c'est ça, Paris :
la promiscuité !

Un certain sourire

Bon dimanche !
 Je viens tout juste de rentrer. 
Je serai plus prolixe demain.

Fautes de frappe

C'est très gentil à la municipalité de Bolzano/Bozen de m'avoir fait citoyen d'honneur et d'avoir baptisé de mon nom une très belle place.
Mais, dans la précipitation, le graveur a quelque peu estropié mon patronyme.
Après cette trop courte semaine, je ne peux leur en vouloir.


J'ai encore quelques petites choses à vous narrer sur ce séjour.
Demain.

samedi 12 août 2017

Pas vus, pas pris ?


Oui, la mer, bien sûr...


Cadeau : un air frissonnant



J'évoquais dans mon long billet d'hier cette Aria, extraite du Philemon und Baucis de Haydn, entendue lors d'un concert mémorable à Bolzano mercredi dernier.
J'aime beaucoup cette interprétation de Magnus Staveland.
J'ai oublié de dire, hier, que pas une seule quinte de toux, pas un seul toussotement, n'étaient venus troubler ce concert estival. Miraculeux.

Je rentre ce soir à Paris, à regrets.