Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

lundi 18 août 2014

Nu, c'est encore mieux !

Profitez des vacances pour entretenir vos atouts !

En vacances, y penser plus que jamais !

Cette saloperie n'est toujours pas vaincue.

Tombe, Victor ! Deuxième partie -12-



Résumé : Angelo et ses parents ont mystérieusement disparu ; sur la devanture de la boulangerie des Bianchini, une affichette annonçait une fermeture pour cause de maladie.
Lundi dernier, une confession de Darmstetter se désignant comme étant l'auteur des lettre anonymes, dont l'une envoyée aux Bianchini, dans laquelle il dénonce l'homosexualité de leur fils et sa liaison avec le "fils d'un gendarme". Dans sa confession, Darmstetter avoue son amour pour Paul et sa haine de Victor et d'Angelo. Il juge ce dernier plus dangereux que Panella en raison de l'amour que l'italien porte à Paul.
On ne sait toujours pas où est passé Angelo, et puis...

La lettre est arrivée ce matin.
C’est une écriture toute en rondeurs, appliquée, scolaire presque, dessinée d’une plume plongée dans une encre indigo choisie avec soin.
C’est une lettre d’amour endeuillé, charmante, désarmante, éplorée :

« Mon très cher Paul, je t’écris depuis Asti, près de Turin, où je suis depuis quinze jours, chez mon oncle Giuseppe et ma tante Loredana qui est la sœur de mon père. Je pense à toi nuit et jour. Tu dois être bien triste, et tu m’en veux certainement d’être parti sans prévenir, mais ce n’est pas ma faute, et je dois t’expliquer. L’autre samedi, mes parents ont reçu une lettre (pas signée) leur disant que j’étais un sale pédéraste (tel quel) et que je couchais avec un jeune de la caserne. Heureusement, le salaud qui a écrit ça ne disait pas qui c’était. Si ma mère avait eu la lettre, c’est sûr qu’elle l’aurait cachée ou même déchirée tout de suite. Mais c’est mon père qui l’a prise dans la boîte, et il est devenu fou en la lisant. Il est monté dans ma chambre et m’en a sorti en me frappant. Heureusement, ma mère est montée à toute allure, et s’est mise devant moi pour me protéger. Elle a eu beaucoup de mal à le calmer, mais elle a fini par y arriver en lui disant que tout le quartier allait entendre ses hurlements, et, crois-moi, quand le padre se met à crier, c’est tous aux abris. On est allé à la salle à manger, et ma mère a fait du café. Mon père était tout rouge et on a même eu peur qu’il ait une attaque, parce que ça lui est déjà arrivé il y a trois ans. Il m’a posé plein de questions, mais je n’ai rien répondu, même quand il a encore voulu lever la main sur moi. Il s’est encore calmé, n’a plus rien dit pendant un moment, et puis il est allé s’enfermer dans sa chambre. Moi, j’étais comme une statue sur ma chaise. Ma mère s’est mise à pleurer sans pouvoir s’arrêter. Je me suis levé pour la prendre dans mes bras, et elle a juste dit « pourquoi tu nous fais ça ? ». Mon père est revenu de la chambre, et il est descendu au magasin pour téléphoner. Quand il est remonté, il a dit « on part demain matin chez Giuseppe  (mon oncle), en attendant tu montes là-haut et tu bouges pas, maman préparera les valises. Je t’emmène la bas, et après, je veux plus entendre parler de toi. Ton oncle a dit qu’il te trouvera du travail. Tu prendras ce qu’il y aura, terminé. »
Le lendemain, on est parti à 6 heures. Je n’avais pas dormi, bien sûr, sans savoir comment je pouvais te prévenir. On a pris la camionnette de la boulangerie, et nous voilà partis sur les routes. Mon père ne m’adressait pas la parole, et ma mère ne faisait que pleurer. Moi, mes yeux étaient secs. Je pensais que donner de l’amour à quelqu’un, ce n’était pas faire le mal, et je ne pouvais pas avoir de remords comme ils voulaient sans doute. On est finalement arrivé à Turin le soir, où on s’est arrêté pour manger avant d’aller à Asti. Mon père avait dit au téléphone que j’avais fait des bêtises, ou je ne sais quoi, mais pas la raison exacte. Avant de descendre de voiture, il m’a enfin lâché : « tu leur dis pas pourquoi. Moi je leur ai dit que tu m’avais volé dans la caisse », ce qui pour moi est pire que tout, car j’ai toujours respecté mes parents, et là, j’ai senti venir des larmes pour de bon. Mes parents sont restés ici quatre jours dans une ambiance horrible. Giuseppe est un brave homme, comme mon père, et a décidé de me prendre avec lui au garage pour accueillir les clients et vendre les pièces détachées puisque, à la boulangerie, j’ai déjà fait la vente. Il m’a dit « et je t’ai à l’œil » en italien, mais il n’a pas l’air de croire à cette histoire. Ici, on ne parle pas français, et ça va beaucoup me manquer. Donc, tous les jours je suis au garage et mon oncle et ma tante sont très corrects avec moi, surtout ma tante qui me considère un peu comme son fils. L’autre après-midi, pendant que mon père dormait, ma mère a téléphoné au garage. Je lui ai dit que j’étais bien, car je ne voulais pas qu’elle ait encore plus de chagrin. Mais, Paul, tu comprends, ce n’est pas vrai. Tu me manques terriblement, et je pense à toi tout le temps, à la peine que tu dois avoir, et qu’en plus tu ne savais pas ce qui est arrivé. Plus maintenant. Je ne sais pas ce qui va arriver dans ma vie. Toi, tu seras un grand musicien, j’ai confiance. Si je ne t’écris pas, ne m’en veux pas. J’ai fait trois brouillons de cette lettre, car je sais que tu es très bon en français et à chaque fois je trouvais que c’était mal écrit. Je m’étais un peu moqué de toi, si tu te rappelles, quand tu m’avais parlé d’un garçon qui te voulait du mal. Si c’est lui qui a fait la lettre, tu avais raison d’avoir peur. Je ne comprends pas la méchanceté de certaines personnes, on est pas sur terre pour faire du mal aux autres, je pense. Toi, en tout cas, je ne veux que ton bien et même si je suis loin, mon cher amour est toujours à côté de toi. Je ne resterai pas ici, je prendrai le large un de ces jours. Je serai toujours avec toi par la pensée, mais tu ne dois pas m’attendre. J’espère que tu trouveras un autre homme pour te chérir comme moi. Je t’aime pour toujours.
Angelo
Post Scriptum : je vais essayer de trouver des livres en français, j’écris vraiment pas bien, pardon. »

À suivre
© Silvano Mangana | Gay Cultes 2014

Texte déposé à la SACD sous le n° 000085276

Illustration :  Alexandre Cabanel (1823-1889) Tête d'ange, étude pour le Paradis perdu (1863-67). Béziers, Musée des Beaux-Arts.

dimanche 17 août 2014

Nu, libre, heureux !


Petits plaisirs dominicaux et diverses évasions

Accompagné de deux oisillons volubiles, je m'accorde une semaine de pérégrinations sur les chemins de Toscane.
À l'heure où paraît ce billet, je suis dans les nuages.
Je n'abandonne pas mes fidèles visiteurs : Tombe, Victor ! sera au rendez-vous demain lundi, et j'ai programmé une petite sélection d'anges pour toute la semaine.
Je ne pourrai publier vos commentaires que le lundi 25 août à moins d'une connexion adéquate.
Ce n'est pas une raison pour vous abstenir, n'est-ce-pas ?
En attendant, je vous souhaite un
bon dimanche !

Sorano, Toscana (It.)
 


Cadeau | Rachmaninov par Rachmaninov : une émouvante performance technique !


Bravo à ceux qui ont réalisé cette merveille : reproduction d'un rouleau de 1929 
(Rouleau 69253-H joué par Rachmaninov), lu sur un piano de concert également restauré par Ampico.

samedi 16 août 2014

Jeune homme nu guettant le passage du facteur

Photo Pedro Ivan
Il y a des milliers de photos de garçons nus "à la fenêtre", avez-vous remarqué ?
Celle-ci est au-dessus de la moyenne.

Gael : aquatique et aérien

Gael Garcia Bernal dans Y tu mamá también d'Alfonso Cuaron...

J'aime beaucoup Gael Garcia Bernal dans les piscines...

et dans "La mauvaise éducation" de Pedro Almodovar



Estate e Cinema


À Rome, chaque été, l'île du Trastevere devient l'Isola del Cinema (l'île du cinéma) : projections sur écran géant, expositions-hommages, rencontres intelligentes (j'y avais vu et entendu un Roberto Begnini... begninissime !), avec halte de rigueur dans les bars-salons ("lounge" pour le tout-venant) autour de cocktails (là, c'est dans le Robert) aphrodisiaques (souvenirs, souvenirs).
Sur les quais du Tibre, des guinguettes et les étals les plus divers (attention aux pièges à touristes !).


Georges-Paul Leroux (1877-1957) - Baigneurs du Tibre, Rome






Mais, dans la journée, les temps modernes ayant fait leur œuvre, je ne suis pas du tout sûr que l'on puisse encore se baigner dans le Tibre comme les Ragazzi di vita de Pasolini et les jeunes gens de M. Leroux ci-contre.



Il pense, donc il est

D'où provient ce "détail", lecteurs érudits ?

vendredi 15 août 2014

J'ai honte : je suis en retard !

Ruslan Solovyov by Marat Mukhonkin
... mais j'ai une bonne excuse : quand la ronde des heures me rapproche de l'Italie, j'en oublie le temps qui passe.
Je rassure les fidèles, je resterai connecté d'une manière ou d'une autre et n'interromprai pas la parution.

Roman-photos

Via stupido ragazzo

Des vénitiens à Venise, il y en a encore.

Photo Silvano

Tu éviteras, bien sûr, les restaurants qui affichent des menus touristiques dans toutes les langues : où qu'on aille, d'ailleurs, il faut se tenir à cette prescription.
Tu t'écarteras des chemins balisés, et tu iras à la rencontre des vénitiens : cette population s'amenuise d'année en année, se ferme aux importuns, se protège comme elle peut. Si tu as ressenti un vrai coup de cœur pour la Sérénissime, elle saura te reconnaître. Mais tu devras être patient et opiniâtre.
L'image ci-dessus fut prise dans l'un de ces rares endroits où je suis sûr de rencontrer les autochtones en leur quotidien immuable.
Pas de placard aguicheur à l'extérieur de la petite trattoria qui jouxte un petit canal (le grand est à parcourir le premier jour ; après, basta cosi !) ; on mettra sur la table le plat du moment et le vino della casa* : tu pourras faire bombance pour un prix raisonnable, ou t'y ruiner si l'arrogance suinte de ton comportement.
Tu ne devras pas t'étonner qu'ici je ne donne pas l'adresse.
Si tu es sûr de ressentir la Sérénissime telle qu'il faut l'aborder, je te la transmettrai.
Venise se mérite.

* Vin de la maison : contrairement à nos piquettes, il est, le plus souvent, excellent en Italie(s).

jeudi 14 août 2014

Fesses à croquer sans modération !


In bed par onbalcony

Deux façons d'aller voir Marcel


Joli, certes, mais les lieux (sans doute repris par quelque margoulin désireux de faire son beurre dans le 5ème arrondissement)  sont à fuir, conseil d'ami !

Vous serez mieux accueilli ici :


Merci à Biron pour ses photos parisiennes.

La mémoire d'H

Villa d'Hadrien à Tivoli (Lazio, It.)
Il se dit que, faute de personnel et de budget, le site est fort mal entretenu, voire en déshérence.
La villa a échappé au pire, en 2012 :
le gouvernement italien (de l'époque) a (finalement) abandonné le projet de créer une décharge à ciel ouvert aux abords de la Villa d'Hadrien, la résidence du célèbre empereur romain près de Rome, une idée qui avait provoqué une levée de boucliers dans le pays.
Source Le Point du 25 mai 2012, lequel, on le voit, n'écrit pas que des âneries, mais peut aussi informer, à l'occasion.

Black Floyd


mercredi 13 août 2014

Nus*, en vacances, entre amis



* Le croirez-vous ? 
Ce sera le billet le plus "vu" de la semaine !
Je préfère m'en amuser.

Ici, il a plu, mais plu, si vous saviez !


Taormina et la baie de Giardini Naxos

Giuseppe Giacoppo on Flickr.
Ce garçon a bien de la chance d'admirer, de nuit, ce site à nul autre pareil : je m'étais borné, quant à moi, à résider à Catania (Catane), tant le prix des hébergements est prohibitif à Taormina (ou Taurmina en sicilien) .
La petite cité sicilienne fut autrefois le lieu de villégiature favori de la "gentry", et, notamment, de nos camarades de l'époque.
Sitôt évacuées les hordes de touristes venus pour la journée, il doit être si bon d'y lire et d'y écrire.
Je me suis juré de m'y offrir un séjour printanier quand je serai plus en fonds.

Ici, j'ai photographié l'entrée d'un hôtel *****

Offert